Chaque année, à la fin du mois de novembre, l’Église catholique nous invite à célébrer une solennité magnifique et profondément significative : la Fête du Christ Roi de l’Univers. Placée au dernier dimanche de l’année liturgique, juste avant le début de l’Avent, cette fête constitue comme une couronne posée sur toute l’histoire du salut. Elle nous rappelle que le sens ultime de notre vie, de l’Église et même du cosmos, se trouve en Jésus-Christ, Seigneur et Roi éternel.
Une fête instaurée pour rappeler l’essentiel
Contrairement à d’autres célébrations très anciennes, la fête du Christ Roi est relativement récente : elle fut instituée en 1925 par le pape Pie XI à travers l’encyclique Quas Primas.
Pourquoi ? Pour répondre à un monde qui voulait déjà évacuer Dieu de la vie publique et réduire la foi à une affaire privée. Le Saint-Père voulait rappeler que :
le Christ a autorité sur les cœurs,
sur les sociétés,
sur les nations,
et sur le cours même de l’histoire.
Cette fête n’est donc pas seulement un hommage symbolique : elle proclame une vérité réelle, actuelle, universelle.
Un roi différent de tous les autres
Quand nous entendons le mot « roi », nous pensons spontanément aux trônes, aux armées, aux richesses.
Mais Jésus renverse toutes les logiques humaines. Son trône, c’est la croix. Sa couronne, c’est une couronne d’épines. Son sceptre, c’est la miséricorde.
Il est :
un roi humble, qui se fait serviteur ;
un roi proche, qui marche avec son peuple ;
un roi de pardon, qui ouvre grand les portes du Royaume ;
un roi victorieux, mais par l’amour et non par la force.
En célébrant le Christ Roi, nous contemplons un roi qui ne domine pas, mais qui libère ;
un roi qui ne prend pas, mais qui donne sa vie jusqu’au bout.
Un Royaume qui commence déjà ici-bas
Le Royaume du Christ n’est pas un royaume militaire ou politique. Jésus l’a dit clairement :
« Mon Royaume n’est pas de ce monde » (Jn 18, 36).
Pourtant, ce Royaume commence à prendre racine dans les cœurs chaque fois que :
quelqu’un choisit le pardon plutôt que la vengeance,
quelqu’un met le service avant l’intérêt personnel,
quelqu’un écoute la voix de Dieu plutôt que celle du monde,
quelqu’un laisse l’amour triompher de la haine.
Le Royaume est déjà là, mystérieusement présent, mais il n’est pas encore pleinement accompli. La fête du Christ Roi nous fait lever les yeux vers ce Royaume éternel où Jésus rassemblera toutes choses.
Une invitation personnelle : qui est le roi dans ma vie ?
Cette solennité est aussi un moment de vérité. L’Église nous pose une question essentielle :
Qui règne vraiment dans ma vie ?
Est-ce le Christ ?
Ou bien est-ce la peur, l’argent, la recherche de reconnaissance, la fatigue, les blessures, le regard des autres ?
La fête du Christ Roi est l’occasion :
de déposer nos fardeaux à ses pieds,
de redonner au Seigneur la première place,
de réajuster notre vie selon son Évangile,
de raviver notre espérance : le mal n’aura pas le dernier mot.
Le Christ Roi, une fête tournée vers l’éternité
Placée à la toute fin de l’année liturgique, cette célébration nous rappelle que toute l’histoire humaine se dirige vers une rencontre ultime : le retour glorieux du Christ.
Ce jour-là, le Roi de l’Univers viendra réunir son peuple et instaurer pour toujours un Royaume de justice, de paix et de joie.
Cette perspective donne sens à l’histoire, mais aussi à nos luttes quotidiennes. Rien n’est perdu, rien n’est vain : tout est déjà entre ses mains.
Conclusion : célébrer le Roi qui libère et qui aime
La fête du Christ Roi de l’Univers est bien plus qu’un simple rendez-vous liturgique :
c’est une proclamation de foi,
une source d’espérance
et une invitation à confier notre vie au seul Roi qui ne déçoit jamais.
À travers cette solennité, l’Église nous remet devant l’essentiel :
Jésus-Christ est le centre, le sens et la fin de tout.
Que cette fête renouvelle notre confiance, apaise nos cœurs et ranime en nous le désir de marcher chaque jour à la suite du Roi de l’Amour.